-Planète Rap Mag: Dans ton nouveau single “So Fine”, tu montre que tu est prêt à tout pour une fille. C'est vraiment le cas dans la vie ?
-Sean Paul:Quasiment, car il faut conserver un peu de lucidité dans l'amour, même si c'est difficile. Dans la chanson, c'est plus une technique de drague. Quand tu dit à une fille que tu est prêt à tout pour elle parcequ'ele est sublime, si tu es convaincant, ça fait de l'effet. C'est pour ça que dans la chanson je lui dit “je serais là pour toi, à n'importe quel moment”. Je montre que je suis prêt à abondonner tout ce que j'ai à faire, toutes les priorités de mon agenda, parce qu'en ce moment c'est elle la plus importante pour moi. Je mui fait cette promesse alors que je ne l'ai pas encore séduite. Ca prouve que je suis un vrai gentleman.
-Ca t'es arrivé d'annuler des rendez-vous importants pour une fille ?
Avant oui (rires), maintenant je fais beaucoup plus attention ! Ca m'arrive parfois, mais pas quand il s'agit de rendez-vous pour le travail.
-Comment s'est passé le tournage du clip ?
-C'était cool, on a tourné pendant unejournée entière mais l'ambiance était vraiment bonne. La vidéo est vraiment wicked ! C'est un clip très futuriste. Même si le riddim est Hip Hop, les clavier sonnent “techno”, c'est ce qui nous a donné envie de nous inspirer du film “Tron”.
-Tu as un souvenir particulier de ce clip ?
-On a fait installer des panier de basket dans un hangar près du plateau? Quand je ne tournais pas, au lieu de galérer dans ma loge, j'allais taper un basket avec mes potes. C'est important pour moi de me sentir bien lors d'un tournage. Faire un clip c'est long, ça demande 1 ou 2 jours de tournage, pour au final 4 minutes. Alors, plutôt que d'aller m'ennuyer dans les loges et d'attendre le moment de tourner, je préfère jouer au basket. A chaque fois que je revenais devant la caméra, la maquilleuse perdait du temps à éponger la sueur avec une serviette et devait me maquiller a nouveau (rires).
-Tu as choisi de t'entourer de jeunes producteur jamaïcains
-J'aurais pu demander à de gros producteur, comme Timbaland par exemple, qui produisent des sons excellents, mais ne savent pas vraiment ce qu'est le dancehall, ni quelles en sont les racines. J'ai commencé la musique avec la plupart des producteurs qui sont sur mon album. Ils ont tous baigné dans le reggae depuis leurs enfance, comme Stephen Mc Gregor qui a produit “So Fine” et qui est le fils de Freddie Mc Gregor. Mon frère Jigzagula a aussi fait des sons, il a 5 ans de moins que moi, mais comme il a grandi là-dedans ...
-Tes parents se sont rencontrés dans les bassins ?
-Oui, à l'époque où ils faisaient partie de l'équipe des “Flying Fish” (les poissons volants, ndlr). Ils se sont cotoyés pendant longtemps avant de se mettre ensemble. C'est une histoire romantique et qui dure toujours !
-Tu as fait un magnifique morceau pour ta mère “Straight to my heart”. Comment est-il né ?
-Quand j'étais petit, elle avait l'habitude de peindre des portraits de moi et de mon petit frère, et un jour elle m'en a offert un pour mon anniversaire. Elle l'avait fait entièrement de mémoire, sans que je sois là, et il était très ressemblant. Ca prouve qu'elle me connaissait parfaitement ! Un jour, j'était en train de lui écrire une carte de voeux pour son anniversaire et je me suis dit que c'était vraiment le service minimum. Je voulais lui peindre son portrait mais je ne suis pas super doué (rires). Je m'exprime mieux avec ma musique, et c'est le moyen que j'ai choisi pour lui dire combien elle compte pour moi et à quel point je suis fier d'avoir une maman pareille .
-Pourquoi as-tu attendu ton 4ème album pour lui faire cette chanson ?
-C'est vrai que j'aurais dû le faire depuis longtemps, mais je crois que je n'était pas encore assez mature. Je devais d'abord prouver au monde et à moi-même, ce dont j'atais capable. Et puis lorsque tu livres tes sentiments, ça peut être perçu comme une faiblesse ... Mais même 2Pac, qui était loin d'être un enfant de coeur, a fait une superbe chanson pour sa mère. Je suis le King et je le clame haut et fort “Maman Je T'Aime” !
-Comment a-t-elle réagi lorsque tu lui as fait écouter ?
-Elle était tellement touchée qu'elle à pleuré. Je ne suis pas quelqu'un de très expansif mais crois-moi, le fait de la voir pleurer, ça m'a fait pleuré aussi. Mon frère est arrivé à ce moment là et n'a pas trop compris ce qui se passait !
-C'est une chanson que tu as écrite facilement ?
-Je l'ai fait en quelques heures car c'éatit son anniversaire le lendemain (rires). Il devait être 17 heures quand je suis allé voir le producteur et je lui ai dit “je veux faire une chanson pour une fille, il me faut un riddim, mais quelque chose de spécial, car cette fille c'est ma maman !” Il a compris tout de suite ce que je voulais et m'a fait écouter quelques sons. J'ai tout de suite flashé sur celui-là, je suis rentré chez moi, j'ai écrit la chanson, j'ai été obligé de la terminer dans la nuit car sinon j'aurais dû attendre la fête des mères pour lui faire écouter ! Elle a entendu une version qui n'était pas terminée, car le titre n'était pas mixé.
-Ca valait bien une nuit blanche !
-Grave ! Elle m'a porté pendant 9 mois, c'est très long 9 mois !Je connais tellement de filles qui ne font pas cela, qui avortent... Elle a tellement fait pour moi que je n'aurais pas assez de toute une vie pour la remercier. C'est elle qui m'a permis de rester concentré sur les choses importantes. Je sais qu'elle n'aime pas certains aspect de ma vie : comme le fait de sortir faire la fête, de boire ou de fumer... C'est pour ça que dans la chanson je lui dit “Ne t'inquiète pas sur la façon dont je mène ma vie.”
-Qu'est-ce qui la tracasse le plus ?
-C'est un tout en fait . Elle n'aime pas que je fume même si elle a fumé lorsqu'elle était jeune. Elle n'aime pas que je m'achète des tas de bijoux couteux, que je boive... J'ai eu une période où je buvais beaucoup, lorsque j'étais plus jeune. Maintenant je sais faire la part des choses : Je ne sors pas tous les soirs, je ne suis pas du genre à boire du champagne à 8 heures du matin (rires)... J'ai une bonne hygiene de vie : le matin, je vais courir, puis je passe au studio dans la soirée et au cours de la nuit on sort pour voir les titres qui tournent en sound system ou en club. Ma maman n'a jamais aimé cette façon de vivre, de dépenser de l'argent en voitures, bijoux... Quand j'avais 17 ans, j'étais fauché, je n'avais pas de voiture donc j'ai connu la galère. Je ce sais que je fais, tous ces trucs matériels n'ont aucune importance pour moi. Depuis que je suis petit, ma mère m'a toujours répété que le plus dur ce ,'était pas de pouvoir ce payer les choses mais de les garder. Par exemple si tu achète une grosse voiture, elle va te couter cher en assurance, en entretien et en essence...
-C'est vrai que ta mère t'a interdit de fumer avant que tu sois majeur ?
-Elle a eu une mauvaise expérience avec ça quand elle était plus jeune. Je crois qu'elle a commencé à fumer à 16 ans. En Jamaïque, quasiment tout le monde a déjà tiré sur un joint, mais elle est vraiment tombée dedans pendant une période... Depuis, elle a complétement arrêté car elle n'aimait pas l'état dans lequel cela la mettait. Elle a aussi stoppé la cigarette et maintenant elle ne supporte même plus la fumée ! Quand elle était jeune, c'était une personne différente, elle a eu besoin de faire ses expériences. Je ne veux pas que certains pensent que j'influence négativement les jeunes, ils doivent comprendre que je n'ai commencé à fumer qu'à l'age de 21 ans. Quand j'étais gamin, mon père fumait à la maison tous les jours. Je le voyait fumer, je sentais cette bonne odeur et je ne savais pas ce que c'était. Lorsque je lui ai posé laquestion, il m'a répondu que c'était quelque chose que les adultes font et qui parfois n'est pas bien pour eux. Il m'a dit que les jeunes doivent faire des truc de jeunes : mangeer des glaces, boire du soda... Je n'avais pas le droit de fumer ou de boire des bières, par exemple. Il faut être adulte pour maitriser ce genre de choses. En tant que fumeur, je dois les prévenir : ça change ton humeur, certains réagissent mal avec l'herbe, ça a été le cas pour ma mère par exemple. Je suggère que tant que tu n'as pas compris et dévellopé un point de vue d'adulte sur la société et sur ce que tu veux faire de tavies, il ne faut pas essayer de l'herbe. Ca été une bonne chose que j'attende, car avantde fumer, il faut d'abord essayer d'exceller dans les domaines dans lesquels o,n est pas très bon, se dire que l'on peut toujours faire mieux. Si je m'était mis a fumer jeune, ça m'aurait mis dans un autre était d'esprit et j'aurais peut-être abandonné mes études ou le sport ... Je sais de quoi je parle : J'ai vu des gens tombé dedans, il faut faire les chses doucement, et c'est Sean Paul, le spécialiste de la question qui te le dit !
-C'est vrai que tu ne l'as jamais caché !
-Je connais des tas de gens qui fument et qui affirment qu'ils ne fument pas ! Je ne suis pas hypocrite. Au début, quand j'ai commencé à fumer de l'herbe, je voulais que personnes ne le sache car les gens qui fumes sont catalogués Ils ont la réputation d'êtres fénéants, de ne rien faire comme il faut et on les prend pas au sérieux. L'herbe fait des effets différents selon les personnes, moi ça me détend. J'ai des périodes, comme en ce moment, où je ne fume pas pendant plusieurs semaines. Dans ce cas, je cuisine, je mets l'herbe dans des gateaux et je les mange !
-Tu continues la natation ?
-Je ne nage plus vraiment. En 2006 je m'entrainais sérieusment mais là, je n'ai plus le temps. Par contre je cours tous les jours de la semaine pendant 30 minutes à un rythme soutenu. Je joue aussi au basket le week-end. C'est important de se dépenser pour éliminer les trucs que je fume !